La sciences des rêves : Gondry bof

La science des rêves (The Science of Sleep) — Michel Gondry, 2005

Avec Charlotte Gainsbourg et Gael García Bernal, La Science des rêves n’est pas le meilleur Gondry loin de là. Oh bien sûr il y a de belles idées, de beaux trucages et des inventions amusantes ; j’aime bien les nuages qui apparaissent dans la pièce à un moment, ou la machine à remonter le temps d’une seconde, ça c’est assez drôle ! Mais cela ne rend pas le film meilleur. Il place ses personnages qui tombent amoureux aux frontières du réel et des rêves, mais sans chaleur et sans enthousiasme.

On est loin du délire joyeux de Rembobinez s’il vous plaît, de l’inventivité du scénario de Eternal Sunshine of the Spotless Mind et si Michel Gondry adapte L’écume des jours de Boris Vian il lui faudra faire mieux que cela.

Le criminel : Orson Welles plan-plan

Le Criminel (The Stranger) — Orson Welles, 1945

Le Criminel est un film signé Orson Welles et on se demande bien ce qui est de lui dans ce film. Certes il y a une photo très soignée, plus que le norme hollywoodienne de l’époque, des cadrages  audacieux et bien sûr Orson Welles, machiavélique à souhait qui interprète le rôle principal. Mais le scénario est sans surprise et de peu d’intérêt, si ce n’est peut-être qu’il nous donne une idée de l’état d’esprit de l’Amérique juste après la guerre.

Juste après la Seconde Guerre Mondiale, un inspecteur (joué par Edward G. Robinson) prend en filature un ancien chef d’un camp d’extermination pour remonter jusqu’à son chef (interprété par Orson Welles). Le chef qui se cache dans une petite ville tranquille des États-Unis, sera démasqué et mis hors d’état de nuire à la fin du film.

Ce qui est étonnant dans ce film c’est la naïveté du scénario, un grand criminel nazi se cache chez les vainqueurs, il est tellement bien intégré qu’il se marie avec la fille d’un juge de la Cour Suprême. Comme s’il fallait rendre la guerre réelle pour les Américains, la leur faire vivre sur leur sol. À part à Hawaï en effet les américains n’ont pas vécu la guerre sur leur sol. Et dans cette histoire c’est une forme de paranoïa qui semble se mettre en place,  » Prenez garde ! les méchant sont chez nous, cachés. Ayez peur, préparez-vous !  »

Film de commande pour Orson Welles, ce fut son quand même plus grand succès public et voilà ce qu’il en disait lui-même :

Il n’y a rien de moi dans ce film. C’est John Huston qui rédigea le scénario sans signer au générique ; je l’ai tourné pour montrer que je pouvais être un aussi bon réalisateur que n’importe qui d’autre ».

Orson s’en tire plutôt bien et avec un certain style.