La Grande Bellezza : Rome et ses ombres

La grande bellezza — Paolo Sorrentino, 2011

Rome et ses ombres : génial !

Rome telle qu’elle est ? telle qu’on la dépeint au cinéma en tout cas ; décadente mais toujours grande, débauchée mais toujours fascinante, indécente mais toujours élégante.  L’introduction de La Grande Bellezza est formidable  ;  Rome éternelle de jour, et les groupes de touristes qui contemplent le grandeur passée en plein soleil et Rome dolce vitta la nuit et les romains, blasés qui se noient dans la fête.

C’est la peinture des ombres romaines qui est magnifique dans ce film, des ombres qui se figent le jour et qui s’animent la nuit venue et à Rome il y a les ombres du passé, les fantômes historiques et les fantômes cinématographiques. Ce film vaut aussi pour une des meilleures bandes sonores depuis longtemps.

Le clan des irréductibles : un grand film de Paul Newman

Le clan des irréductibles (Never Give An Inch) — Paul Newman, 1970

Dans l’Oregon, alors que la grève des bûcherons s’étend, la famille Stampar, fière et indépendante, continue le travail au mépris de toute solidarité envers la communauté. Never Give An Inch est un film réalisé par Paul Newman en 1970. La famille ne cèdera pas face aux hommes, mais paiera au prix le plus fort son intransigeance et c’est la nature qui lui fera payer ce prix.

C’est un film en forme d’éloge, éloge des indépendants, des battants et de l’Amérique profonde. Les relations sont parfois très violentes entre les membres de la famille et les membres de la communauté. Mais le plus surprenant c’est la violence exercée envers la nature. De nombreuses scènes montrent la volonté farouche des Stampar a poursuivre l’abatage des arbres centenaires ; ils tombent les uns après les autres, dans le bruit des scies, au mépris du danger et sans aucune considération pour la forêt. Les scènes spectaculaires de saccage de la forêt sont impensables de nos jours, l’écologie et l’environnement sont devenus des impondérables de toute production hollywoodienne. Dans une séquence terrible, sans pathos, sans musique, la nature impitoyable se venge, en tuant le patriarche de la famille et un des fils.

La sciences des rêves : Gondry bof

La science des rêves (The Science of Sleep) — Michel Gondry, 2005

Avec Charlotte Gainsbourg et Gael García Bernal, La Science des rêves n’est pas le meilleur Gondry loin de là. Oh bien sûr il y a de belles idées, de beaux trucages et des inventions amusantes ; j’aime bien les nuages qui apparaissent dans la pièce à un moment, ou la machine à remonter le temps d’une seconde, ça c’est assez drôle ! Mais cela ne rend pas le film meilleur. Il place ses personnages qui tombent amoureux aux frontières du réel et des rêves, mais sans chaleur et sans enthousiasme.

On est loin du délire joyeux de Rembobinez s’il vous plaît, de l’inventivité du scénario de Eternal Sunshine of the Spotless Mind et si Michel Gondry adapte L’écume des jours de Boris Vian il lui faudra faire mieux que cela.